Le retour

17 10 2009

La Providence aura finalement eu pitié de nous et c’est sous le soleil que nous avons terminé le voyage. Température froide, mais sèche, c’est une différence notable ! En chemin, nous nous sommes offert un dernier dîner ensemble dans une brasserie sympathique à Troy, NY : la Brown’s Brewing Company.

Montréal nous apparaît à la tombée du jour, après une virée de plus de 7000 km dans 15 états. Malgré le froid des derniers jours, nous sommes tous les trois bien heureux de cette aventure. Ça aura probablement été notre dernière longue sortie de l’année, mais après 35 000 km cette saison, de quoi peut-on se plaindre ?





Fast track

17 10 2009

Toutes les stations de télévision sont unanimes : pluie, vent, froid et neige pour toute la durée de notre retour vers la maison. L’Homme nous dessine chaque matin un trajet qui contourne les perturbations autant que  possible. Deux jours spécialement éprouvants en matière de pluie et de froid, nous faisons régulièrement des pauses pour nous sécher minimalement et nous réchauffer un peu. 

Nous prenons ce que la Providence met sur notre chemin, cette fois c'était un foyer dans un resto ...

Nous prenons ce que la Providence met sur notre chemin, cette fois c'était un foyer dans un resto ...

... et quelques heures après c'était de la neige ! On ne peut pas toujours être chanceux.

... et quelques heures après c'était de la neige ! On ne peut pas toujours être chanceux.

Nous terminons cette deuxième journée de marathon d’autoroute à environ 500 km de Montréal. Demain, la maison chaude et confortable nous attend.





De Titelvis à Groselvis

15 10 2009

Lorsque nous quittons notre hôtel au décor digne d’un épisode de Papa a raison, c’est pour rester dans le kitsch et se diriger vers la ville natale du King : Tupelo.

TitElvis est né dans une tite cabane mignonne. Nous y passons un court moment, il faut dire que ça ne peut pas être bien long vu la dimension réduite de la chose.

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La Natchez Trace Parkway nous offre une belle balade jusqu’au Mississipi. Nous longeons les champs de coton, de canneberges, de soya noyés par les pluies abondantes qui ne cessent de laver la région depuis une dizaine de jours. Nous n’échappons pas à cette météo peu clémente et nous voici sous l’averse pour le reste de la journée.

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À Clarcksdale, nous trouvons un petit hôtel pour nous sécher, nous et notre équipement. Le lendemain, la visite de la ville nous surprend par l’alternance de richesse et de pauvreté, les deux se côtoyant dans les quartiers sans distinction.

La pluie intense a accompagné notre passage en Arkansas, de même que la présence du tatou, étrange animal préhistorique. Nous tentons de rejoindre Memphis le plus rapidement possible, histoire de limiter notre exposition aux éléments. Ça marche moyen, les éléments ont maintenant pénétré nos imperméables et c’est avec une allure de chats noyés que nous arrivons à Graceland.

Groselvis vivait dans une grosse cabane laide et mal décorée. Vraiment. Nous rions beaucoup. Ici plein de photos pour partager cette joie avec vous. Yeah.

Inexplicable penchant pour les singes de plâtre, il y en avait partout !

Inexplicable penchant pour les singes de plâtre, il y en avait partout !

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Ah et les clowns en verre soufflé aussi, ça l'obsédait beaucoup ...

Ah et les clowns en verre soufflé aussi, ça l'obsédait beaucoup ...

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Pour nous punir de nous être moqué du sacré, le ciel continue de se liquéfier sur nos têtes. C’est à Jackson que nous finirons la journée, dans un restaurant japonais où l’Homme fait étalage de sa connaissance infinie et donne à notre serveuse japonaise quelques trucs dans l’art du maniement des baguettes. Nous terminons cette belle soirée par quelques bouteilles de vin trouvées à un liquor store un peu plus tôt. Dès notre arrivée en ville, finie la prohibition : nous avons quitté les évangélistes, les pentecôtistes et les baptistes pour rejoindre les jovialistes !

La pluie, toujours la pluie, l’autoroute est la meilleure solution pour fuir la dernière bande de mauvais temps. En après-midi, nous avons réussi à quitter la zone humide pour nous retrouver sur les petites routes de campagne du Kentucky. Ça se rapproche davantage de ce que nous vivions sur la Blue Ridge Parkway, mais en plus agricole : les champs de tabac et leurs séchoirs, les troupeaux de bovins, le soya encore. Notre lente remontée vers le nord se fait sentir par les degrés perdus. C’est à Somerset que nous élaborerons la suite de notre plan de match.





Soleil d’automne et gosier sec

12 10 2009

Ce qu’il y a de plus agréable avec ce genre d’aventure, c’est de se lever le matin et de se dire : « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? La même chose qu’hier, et qu’avant-hier, et que l’autre jour d’avant ! »  Donc dès le lever du corps : re-Blue Ridge Parkway pour les quelques centaines de kilomètres qu’il en restait.

Le plat de résistance de cette orgie de routes : Dragon’s Tail, un lacet qui traverse les montagnes et qui offre 318 courbes en 11 miles sur une surface parfaite. Nous l’avions fait à plusieurs reprises l’an dernier, c’est un parcours très sportif, visité par les motocyclistes de tout le pays. Tous les trois avions très hâte d’y être et qu’y trouvons-nous à notre arrivée ? L’ami Neville ! Comme quoi ça n’est pas si grand les US of America…

Arrivés au bas de cette descente digne de La Ronde, nous avons le sourire des gens qui s’amusent au lieu de travailler par ce beau vendredi. Un regard au ciel et nous doutons d’avoir le temps de refaire le trajet en sens inverse : la foudre s’avance vers nous dans un roulement de nuages lourds et menaçants. Nous décidons de continuer notre chemin pour nous mettre à l’abri avant la pluie, mais trop tard. Afin de confirmer que nous sommes bien au sud, nous avons droit à un déluge spontané mais qui ne durera pas. Enfin juste assez longtemps pour nous mouiller jusqu’aux os et nous obliger à nous mettre à l’abri à trois dans une toilette chimique de halte routière. Riez. Nous au moins, on ne travaille pas.

À Tellico Planes, nous louons un « lodge », sorte de chalet en bois rond à demi hôtel avec stationnement intérieur sous le chalet pour nos motos, laveuse sécheuse pour faire sécher tout notre matériel, et BBQ Pit juste à côté, c’est simplement parfait. Nous décidons de nous y installer pour deux nuits, ce qui nous permettra le lendemain de faire quelques routes exquises aux alentours dont la Dragon’s Tail mais cette fois sans bagages !

Et c’est ce que nous faisons tout notre samedi. D’abord changement de pneu arrière pour la moto de la Nénette, puis passage chez Tellico Motorcycle Outfitters, excellente petite boutique d’accessoires de moto, puis dîner dans une fabuleuse « bakery » : Tellico Grains. Nous y dégustons de délicieuses pizzas et discutons avec une québécoise exilée et son mari, très très sympathique tout ça.

 

L'Homme et l'Oncle qui devisent sur le monde, en tout cas ça les fait bien rigoler.

L'Homme et l'Oncle qui devisent sur le monde, en tout cas ça les fait bien rigoler.

En après-midi, nous  filons vers la Cherohala Skyway qui nous mènera à nouveau à la Dragon’s Tail. L’Oncle et la Nénette ont pris les devant, l’Homme en bon motard civilisé laisse passer deux Suzuki 1000 chevauchés par des pilotes tout de cuir Alpine Star vêtus, des prêts pour la course. C’est qu’il se dit qu’il est inutile de les ralentir ceux-là. Et qu’a-t-il eu devant lui tout au long de sa descente ? Les deux poseurs habitués de faire la « main » de leur petite ville qui filaient doucement en balade du dimanche. Comme quoi l’habit ne fait pas le motard…

Deuxième nuit au lodge, puis nous ajoutons à notre collection des états : Tennessee, Georgie, Alabama. Les champs de cacahuètes, de coton, de carcasses de ferrailles se succèdent. Nous sommes ailleurs. Une expérience du sud ne serait pas complète sans un arrêt à ce qui est pour les sudistes ce que le stand à patates frites est aux québécois : le stand à cacahuètes bouillies.

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Nous nous en offrons une part que nous dégustons sous un soleil à 27 degrés celcius. Il ne manque rien à ce bonheur sans fin, que de l’alcool : nous sommes dans des dry counties depuis trois jours. 

Demain : sur les traces du King…





Rencontres

9 10 2009

Impatients d’arriver à la Blue Ridge Parkway, nous savourons les 450 kilomètres qui nous séparent d’elle en filant à 150 km/h sur l’autoroute. Vite fait, bien fait. Par contre, la multitude de chevreuils morts sur les côtés de la route et l’asphalte teint de sang sur des mètres de long nous font réfléchir au danger de rouler à cette vitesse ici le soir tombé.

Arrivés à Front Royal, un Cavern Burger et une frozen custard à Spelunkerscustard nous permettent de refaire le plein d’énergie, à essayer si vous passez par ici. Nous abordons enfin la Blue Ridge vers les 4h30, la lumière est magnifique, la route est grisante, une belle introduction à ce qui nous attend. C’est une route toute en courbes et en pentes, aucun poids lourd, peu de trafic en semaine, une surface parfaite.

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Après une heure, les rencontres se multiplient : famille d’ours, lynx, serpents à sonnette, vautours, dindons sauvages et des chevreuils à ne plus pouvoir les compter. Ils sont au milieu de la route, et ne s’enfuient pas à la vue des humains. Nous pensons que le niveau de danger est suffisant et qu’il est temps de camper.

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Un motocycliste en BMW qui s’est arrêté pour nous parler lors d’une pause est au même camping que nous. Neville qu’il s’appelle, Sud-Africain il vit maintenant à New York. Fort sympathique, nous passons la soirée avec lui. Beaucoup de vent et de pluie cette nuit-là, nous dormons tous très mal, mais au matin c’est à nouveau le bonheur, cette route est simplement parfaite. Un autre magnifique journée.

Au camping du soir, Neville est déjà là ! Nous sommes très heureux de nous revoir et nous l’invitons à souper. La Nénette fait des pâtes au prosciutto et tomates séchées, un succès. Neville nous relate sa mésaventure, il s’est fait arrêter pour excès de vitesse, rien de majeur mais il n’avait pas vu qu’il était dans une zone lente. 175 $. Nous pensons à notre chance jusqu’ici de ne pas avoir fait ce genre de rencontre.

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Nous partons au matin avec Neville, il fera un bout de route avec nous avant de nous quitter vers midi. Et c’est au détour d’une entrée qu’une voiture de police vient s’installer juste derrière L’Homme. L’Oncle est devant, la Nénette suit. Et comme l’espace entre le groupe s’allonge, la suspicion de notre officier quand à notre vitesse s’éveille. Il dépasse, l’Homme et vient chercher la Nénette et l’Oncle qui arborent un air contrit de mise. Nous sommes quittes pour un « deal » : une seule contravention de 100 $ pour deux personnes et aucune mauvaise note à nos dossiers. Pas si mal, si on considère que notre vitesse est généralement beaucoup trop élevée et que nous ne comptons plus les dépassements sur lignes doubles…

La surprise de cette aventure : l’officier Gagnon, descendant de francophones exilés. L’an dernier, il était l’officier de service lors de l’accident de notre ami à Sparta. Curieux de se revoir ici ! Il se rappelle de nous, nous discutons un peu, sympa finalement.

Après, quelques heures de notre splendide Blue Ridge, nous arrivons à Asheville où nous nous installons en hôtel pour la nuit. Belle découverte de resto : Mayfel’s, où nous dégustons des tomates vertes frites, du calmar grillé aux piments banane et plein d’autres délicieuses choses. Un bonne nuit de sommeil finira de nous remettre d’aplomb avant la suite !





Dans tous nos états

6 10 2009

C’est dimanche matin que nous avions rendez-vous avec notre compagnon de route : l’Oncle. Il habite Warwick, nous Montréal, nous nous sommes donc rejoint à mi-chemin, Cowansville, pour nous diriger vers la frontière américaine via Abbercorn.

L’Oncle : brève introduction. Il conduit une BMW, a un incalculable nombre de kilomètres à son actif (au point où nous pensons qu’il a déjà fait plusieurs fois le tour de son compteur personnel) et est très partant pour une nouvelle aventure.

Une première journée qui, Vermont aidant, porte notre marque habituelle : celle des trajets aux décors cinématographiques. Smuggler’s Nutch par la route 108, puis la route 100, Sugar Loaf et ses monts barbouillés des couleurs de l’automne. Nous jubilons.

Le soir venu, nous nous installons au Woodford state park dans ce qui s’appelle un leantos, sorte d’abri rudimentaire à trois murs et un toit incliné surplombant une plate-forme surélevée. Ça permet de dormir sur les tapis de sol sans avoir à monter la tente et pour ceux d’entre vous qui se demandent, non ça n’est pas plus froid.

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La Nénette en vers à chou

La Nénette en vers à chou

Au menu du souper : cuisse de canard confite et salade de patates décevante (c’est le nom de la recette, pour vrai). Repus, nous sommes mûrs pour le dodo, et c’est en pleine nuit que l’Oncle fait une crevaison : si son Metzeler a tenu bon, il n’en va pas de même de son matelas gonflable. Il faudra y remédier…

Un réveil dans un nuage, la brume enveloppe toute chose.

Nous repartons à l’errance par les petites routes qui nous transportent d’un état à l’autre, Vermont, Massachussets, New York, New Jersey, Pennsylvanie. Sur le trajet, un panneau finit par nous faire croire que nous avons tourné en rond : Warwick. Une photo s’impose.

L'Oncle un peu surpris d'être revenu sur ses pas...

L'Oncle un peu surpris d'être revenu sur ses pas...

Il devient de plus en plus difficile de s’arrêter moins de vingt minutes à chaque plein d’essence. Le voyage a ceci de particulier, plus on s’éloigne de la maison, plus on devient l’attraction des « locaux ». À la station service de Warwick, nous sommes littéralement pris d’assaut par un enthousiaste enthousiasmé de nous voir là et par un journaliste spécialisé en trajets routiers ! Oui mesdames et messieurs, surprenant mais ça existe, parlez-en à votre orienteur. D’un geste leste et inspiré, il trace ses recommandations de routes par une multitude de cercles sur les belles cartes toutes propres et toutes neuves de l’Homme précautionneux qui est maintenant déchiré entre une envie d’intervenir et une certaine gratitude envers l’inconnu surqualifié.

Nous nous enfuyons enfin, après une franche heure de socialisation imposée sans avoir même mis une goutte d’essence. Nous rattrapons le temps perdu par un choix d’une logique sans nom, une chambre d’hôtel en Pennsylvanie. Douche chaude, matelas non dégonflable, aucun campement à monter ni démonter au matin, ce sont des avantages à ne pas négliger. Demain, nous fonçons vers le sud.





Mise à jour : et c’est reparti !

23 09 2009

Après quelques mois de pause sur ce blog, il était nécessaire de faire un résumé:

Un été très rempli au boulot, les motos ont été un peu délaissées depuis leur aventure printanière ! Nous avons tout de même pris le temps d’effectuer quelques virées splendides, plusieurs trop courtes pour être relatées ici malgré qu’elles aient été si agréables. Deux d’entre elles sont par contre à souligner.

En juillet, Bar Harbour et son extraordinaire parc Acadia nous a encore une fois ébloui. Nous sommes partis à cinq, ce qui change joyeusement la dynamique comparativement à ce printemps ou nous avons roulé à deux pendant des semaines. Après une belle balade à travers les petits villages du Vermont, nous sommes arrivée à Bar Harbour (un peu trop carton pâte pour être véritablement charmante mais si près du parc qu’on lui pardonne !) où nous nous sommes offert clam chowder et bière sur une terrasse au coucher du soleil. À la nuit tombée, nous avons repris la route du parc, que nous n’avions que rapidement traversée quelques heures auparavant. Route à sens unique de deux voies de largeur, elle dessine des méandres coincés entre la montagne et les récifs qui surplombent l’océan. Nous avons stationné les motos, nous nous sommes installés sur les rochers pour contempler les vagues et déguster un cigare au clair de lune. Une nuit parfaite.

Il y a eu aussi en septembre une escapade Montréal-Chibougameau-Montréal qui ne donnait pas sa place ! Cette fois en duo. La route 117 qui rejoint la route 113 nous a mené à notre première nuit au très sympathique camping de Senneterre après une journée à contempler le paysage changeant de la forêt boréale. Le lendemain, notre trajet portait véritablement la signature du Grand Nord : des réserves, des villages de travailleurs forestiers, de mineurs et de chasseurs. Au midi, nous avons mangé quelques fruits au bord d’un lac près duquel deux vieilles femmes cries faisaient fumer de la viande d’ours. Notre attirance pour les réserves amérindiennes nous a mené à Oujé-Bougoumou, une magnifique réserve Cri au nord de Chapais. Nous y avons pris une pause au bord du lac, puis cueilli du thé du Labrador, facilement reconnaissable à cette période de l’année à la couleur orangée du dessous de ses feuilles velues. Le retour via le Lac-St-Jean et nous rentrons à Montréal en nous permettant un petit détour par le grand Saint-Élie-de-Caxton.

Après notre exotique tour des États-Unis, nous sommes fiers de voir que le Québec n’est pas complètement en reste !

Il demeure qu’une route américaine nous appelle encore: la Blue Ridge Parkway. Nous l’avions déjà explorée l’an dernier mais l’envie de la voir en automne nous tenaille presque autant que celle de faire un dernier grand périple avant l’hiver. Nous partirons donc début octobre pour 2 semaines, direction la Caroline du Nord ! Le blog sera mis à jour aussi souvent que nous en aurons l’occasion. Ça sent déjà le BBQ…